{"id":69590,"date":"2025-02-05T12:25:16","date_gmt":"2025-02-05T12:25:16","guid":{"rendered":"https:\/\/peraltafinancing.com\/african-music\/au-dos-de-la-carte-postale\/"},"modified":"2025-02-05T12:25:16","modified_gmt":"2025-02-05T12:25:16","slug":"au-dos-de-la-carte-postale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590","title":{"rendered":"au dos de la carte postale"},"content":{"rendered":"<p> <br \/>\n<\/p>\n<div id=\"\">\n<p class=\"has-drop-cap\">Karibu ! Bienvenue \u00e0 Zanzibar, ce petit archipel pos\u00e9 sous l\u2019\u00e9quateur exactement, dans l\u2019Oc\u00e9an Indien, \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de ferry de Dar-es-Salaam, la capitale \u00e9conomique de la Tanzanie. Lagons turquoises, sable blanc, tortues g\u00e9antes, poisson grill\u00e9, fragrances de musc dans l\u2019air du soir, flamboyants et noix de coco\u2026 Autant de clich\u00e9s dont raffolent les tours operators, convoquant dans leurs brochures le fantasme d\u2019une insularit\u00e9 paradisiaque, sensuelle et intacte pour occulter une r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s instable qui r\u00e9sume \u00e0 elle seule l\u2019orni\u00e8re post-coloniale. Must do pour parfaire l\u2019exp\u00e9rience dans ce d\u00e9cor en trompe-l\u2019\u0153il : un concert de taarab sur le rooftop \u00e9toil\u00e9 d\u2019un h\u00f4tel style persan, combo lune et nuit d\u2019orient.<\/p>\n<p>\u00ab <em>\u00c9couter un bon orchestre de taarab \u00e0 Zanzibar, c\u2019est comme se laisser glisser sur l\u2019Oc\u00e9an Indien \u00e0 bord d\u2019une boutre de p\u00eacheurs pouss\u00e9e par les vents de mousson dans le soleil couchant\u2026 C\u2019est l\u2019extase, une sensation unique<\/em> \u00bb souffle Yusuf Mahmoud, fondateur du c\u00e9l\u00e8bre festival Sauti Za Busara (\u00ab les sons de la sagesse \u00bb), qui d\u00e9fend activement la sc\u00e8ne taarab zanzibarie depuis la cr\u00e9ation de l\u2019\u00e9v\u00e8nement en 2003. Programm\u00e9e cette ann\u00e9e, la chanteuse Siti Amina va plus loin : \u00ab <em>Le taarab a une dimension spirituelle pour moi. Port\u00e9e par sa sophistication m\u00e9lodique, sa po\u00e9sie, je vole au-dessus de tout : quand je chante, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre au paradis !<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>D\u00e9riv\u00e9 du mot arabe <em>tariba<\/em> \u2014 \u00ab \u00eatre touch\u00e9 d\u2019extase face \u00e0 la beaut\u00e9 \u00bb selon l\u2019ethnomusicologue Gilbert Rouget dans <em>La Musique et la Transe <\/em>\u2014 le taarab est LA musique traditionnelle de Zanzibar. Il y en a d\u2019autres, end\u00e9miques, le ngoma, le kidumbak, le b\u00e9ni, le msondo, mais de toutes, le taarab est la plus connue parce qu\u2019il s\u2019\u00e9tend, de l\u2019\u00c9gypte jusqu\u2019\u00e0 Mayotte, sur toute la c\u00f4te swahilie de l\u2019Oc\u00e9an Indien. Par essence, le taarab est syncr\u00e9tique et composite. \u00c0 l\u2019image de l\u2019archipel zanzibari, v\u00e9ritable carrefour migratoire, commercial et culturel influenc\u00e9 au cours des si\u00e8cles par les sultans arabes, les conqu\u00e9rants portugais, les marchands d\u2019esclaves, les commer\u00e7ants indiens, les colons britanniques, la vitalit\u00e9 continentale et le tourisme international. Ainsi trouve-t-on traditionnellement dans ses orchestrations nobles et complexes des instruments aussi divers que le oud, le qan\u00fbn, le violon, la contrebasse, l\u2019accord\u00e9on, des tablas, riqq, daf et percussions locales.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"1796\" src=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-1010x1796.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-129396\" srcset=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-1010x1796.jpg 1010w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-759x1350.jpg 759w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-864x1536.jpg 864w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-1152x2048.jpg 1152w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-2048x3642.jpg 2048w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-1440x2561.jpg 1440w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-661x1176.jpg 661w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-465x827.jpg 465w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-375x667.jpg 375w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01246-rotated.jpg 2384w\" sizes=\"(min-width:1010px) 759px,100vw\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">DHOW Countries Music Academy \u00a9\u00a0Abdul Jafary<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00c0 Zanzibar, le taarab demeure une institution, gr\u00e2ce aux grands noms qui ont nourri sa r\u00e9putation bien au-del\u00e0 de la seule Afrique de l\u2019Est, \u00e0 des passeurs passionn\u00e9s et \u00e0 une politique touristique qui entretient son mythe. Mais que se joue-t-il pour le taarab zanzibari au verso de la carte postale ? Car derri\u00e8re le mythe, il y a une histoire et entre ses lignes, la vie d\u2019une musique o\u00f9 se croisent aujourd\u2019hui des questions politiques et sociales, la survie d\u2019une culture et d\u2019une identit\u00e9 mais aussi le r\u00f4le que les femmes, figures cl\u00e9s du taarab, continuent d\u2019y jouer. Leurs voix r\u00e9sonnent encore dans le pr\u00e9sent de l\u2019archipel et les consciences de la jeune g\u00e9n\u00e9ration qui ne jure, semble-t-il, que par les musiques urbaines.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Le taarab aux Grammy Awards<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019ombre des grands acacias du Forodhani Garden, Brain Boy se fait d\u00e9sirer. \u00c0 quelques jours de son premier concert sur la sc\u00e8ne du festival Sauti Za Busara, tremplin de choix pour les artistes de la r\u00e9gion, la nouvelle recrue du \u00ab zenji flavor \u00bb a la pression. Si Brain Boy n\u2019est pas l\u00e0 ce matin, c\u2019est parce qu\u2019il est encore en studio en train de r\u00e9p\u00e9ter avec son groupe. Alors c\u2019est parti : direction Stone Town Records, son label, son QG, sa \u00ab <em>deuxi\u00e8me maison<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>Il faut pour cela triompher d\u2019abord du d\u00e9dale de ruelles de la mythique ville de pierre, le quartier historique de Zanzibar City, un tr\u00e9sor d\u2019architecture class\u00e9 \u00e0 l\u2019Unesco, <em>\u00ab une m\u00e9dina en terre swahilie, des palais arabes sous les tropiques, un \u00e9clat des Indes en Afrique<\/em> \u00bb \u00e9crit Jean-Blaise Besen\u00e7on dans <em>Zanzibar <\/em>(ed. Favre, 2005). S\u2019engage un slalom entre une meute de touristes \u00e0 mollets blancs et des nu\u00e9es de vendeurs de souvenirs, de perles et d\u2019\u00e9pices qui s\u2019entassent au soleil sur les baraza, ces bancs de b\u00e9ton qui longent les \u00e9choppes. Midi ! indiquent les cloches de la Cath\u00e9drale Anglicane, construite en lieu et place d\u2019un effroyable march\u00e9 aux esclaves apr\u00e8s l\u2019abolition de la traite d\u2019\u00eatres humains \u00e0 Zanzibar en 1873. All\u00e2hou Akbar ! r\u00e9pondent les muezzins du haut de leur minaret. Il fait chaud. Kiponda Street. Enfin c\u2019est l\u00e0, \u00e0 gauche. Porte en fer, escalier, studio A, studio B.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image alignwide size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"568\" src=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582-1010x568.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-129405\" srcset=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582-1010x568.jpg 1010w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582-759x427.jpg 759w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582-2048x1152.jpg 2048w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582-1440x810.jpg 1440w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582-661x372.jpg 661w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582-465x261.jpg 465w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582-375x211.jpg 375w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01582.jpg 4240w\" sizes=\"auto, (min-width:1010px) 759px,100vw\" loading=\"lazy\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Rue de Stone Town, Zanzibar \u00a9\u00a0Abdul Jafary<\/figcaption><\/figure>\n<p>Clavier, basse, batterie, oud, violon et qan\u00fbn font trembler les murs tagu\u00e9s de ce petit appartement transform\u00e9 en haut-lieu du zenji flavor, un mouvement hip-hop n\u00e9 dans les ann\u00e9es 90 \u00e0 Zanzibar qui sample abondamment le taarab dans un geste cr\u00e9atif et identitaire \u2014 celui du hip-hop afro-am\u00e9ricain quand il emprunte ses plus beaux gimmicks \u00e0 la Great Black Music. Les pionniers Kolpara, Ali Haji ou encore DJ Saleh ont ouvert la voie \u00e0 d\u2019autres, Zenji Boy notamment, premier artiste sign\u00e9 chez Stone Town Records qui depuis organise r\u00e9guli\u00e8rement des comp\u00e9titions de rue pour y d\u00e9nicher ses futurs talents, le meilleur MC se voyant offrir l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer le label. Lorsque Brain Boy appara\u00eet, c\u2019est en tra\u00eenant les tongs, v\u00eatu d\u2019un maillot officiel de l\u2019\u00e9quipe de football de l\u2019archipel, et \u00e0 son nom s\u2019il vous pla\u00eet.<\/p>\n<p><em>\u00ab Mon r\u00eave, c\u2019est de voir le taarab gagner un Grammy Award ! \u00bb <\/em>sourit Hamid Sabur Soud, alias Brain Boy qui, \u00e0 28 ans, est d\u00e9j\u00e0 laur\u00e9at d\u2019un Zanzibar Youth Award pour <em>The Return of Zenji Flavour<\/em>, un premier EP sorti en 2022. Le taarab, Brain Boy le tient de sa m\u00e8re, une m\u00e9lomane qui lui met dans la t\u00eate ses premiers airs de qan\u00fbn. Et puis de toute mani\u00e8re, difficile d\u2019y \u00e9chapper : mariages, \u00e9lections, radio ou t\u00e9l\u00e9vision, le taarab est l\u2019invit\u00e9 de marque de toutes les grandes occasions. \u00ab <em>Le taarab, c\u2019est la musique naturelle de Zanzibar, sa v\u00e9ritable saveur<\/em> \u00bb affirme Brain Boy.<em> \u00ab\u00a0Ici, en Tanzanie, en Afrique, la jeunesse ne jure que par le rnb, le singeli, l\u2019afrobeats. Moi je n\u2019en d\u00e9mords pas : le taarab, c\u2019est notre musique traditionnelle, notre identit\u00e9, je suis n\u00e9 ici : donc faire du zenji flava aujourd\u2019hui, c\u2019est dire au monde qui je suis. Mais pour pouvoir chanter \u00e0 la fa\u00e7on des grands ma\u00eetres du taarab, comme le regrett\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=WWZeq5xl8bE\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Makam\u00e9 Faki<\/a>, mon favori, j\u2019ai d\u00fb beaucoup travailler et pour cela, j\u2019ai suivi des cours \u00e0 la Dhow Countries Music Academy avec Siti Amina. Car quand j\u2019ai commenc\u00e9, les gens se moquaient de moi, ils disaient que je chantais mal et que ma voix \u00e9tait moche. Or, le secret du taarab, c\u2019est la voix, c\u2019est elle qui vous procure toutes ces \u00e9motions.<\/em> \u00bb Comme pour t\u00e9moigner de ses progr\u00e8s, Brain Boy se met \u00e0 chanter.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Brain Boy se produit r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Zanzibar, et parfois, dans des \u00e9v\u00e9nements officiels \u00e0 la demande du gouvernement local.<em> \u00ab C\u2019est int\u00e9ressant car cela me permet de rencontrer des gens, de jouer dans l\u2019espace public et, parfois, de me faire un peu d\u2019argent. C\u2019est du gagnant-gagnant : je soutiens le gouvernement qui me soutient en retour<\/em> \u00bb explique le chanteur qui n\u2019est pas le seul ni le premier \u00e0 saisir, de gr\u00e9 ou de force, la main tendue du monde politique. Intimement li\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019archipel, le taarab a-t-il encore un r\u00f4le \u00e0 jouer sur l\u2019\u00e9chiquier local ?<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"675\" src=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brain-Boy-Stone-Town-1010x675.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-129434\" style=\"width:840px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brain-Boy-Stone-Town-1010x675.jpg 1010w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brain-Boy-Stone-Town-759x507.jpg 759w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brain-Boy-Stone-Town-1440x962.jpg 1440w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brain-Boy-Stone-Town-661x442.jpg 661w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brain-Boy-Stone-Town-465x311.jpg 465w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brain-Boy-Stone-Town-375x251.jpg 375w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brain-Boy-Stone-Town.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (min-width:1010px) 759px,100vw\" loading=\"lazy\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Brain Boy au studio du label Stone Town Records \u00a9\u00a0Abdul Jafary<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Entre po\u00e9tique et politique\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Sous domination arabe puis britannique, Zanzibar proclame son ind\u00e9pendance le 10 d\u00e9cembre 1963. S\u2019ensuit une r\u00e9volution l\u2019ann\u00e9e suivante, soutenue en musique par le Culture Musical Club notamment, un ensemble de taarab d\u00e9sormais l\u00e9gendaire qui, tout jeune \u00e0 l\u2019\u00e9poque, voit dans le parti r\u00e9volutionnaire Afro Shirazi d\u2019Amani Karume l\u2019espoir de lendemains plus justes\u2026 Un r\u00eave bris\u00e9 par deux longues d\u00e9cennies de sombre dictature \u2014 <em>\u00ab l\u2019horreur absolue \u00bb <\/em>relate l\u2019auteur Adam Shafi Adam au chapitre des ge\u00f4les de Zanzibar dans <em>Haini<\/em>, <em>le tra\u00eetre<\/em> \u2014 et une gouvernance locale confisqu\u00e9e par l\u2019\u00c9tat tanzanien au profit de la Tanganyika African National Union dont les louanges seront chant\u00e9es par d\u2019autres voix du taarab. \u00c0 partir du mitan des ann\u00e9es 80, Zanzibar assiste au retour d\u2019un semblant de d\u00e9mocratie et le taarab continue d\u2019accompagner \u00ab <em>les mues et les remous insulaires<\/em> \u00bb pour citer la g\u00e9ographe Nathalie Bernardie-Tahir dans <em>L\u2019Autre Zanzibar, g\u00e9ographie d\u2019une contre-insularit\u00e9<\/em> (ed. Karthala, 2007).<\/p>\n<p>Mais depuis, d\u2019\u00e9lections locales truqu\u00e9es en r\u00e9pression syst\u00e9matique des voix d\u2019opposition, l\u2019archipel peine aujourd\u2019hui encore \u00e0 (re)trouver une stabilit\u00e9 politique, de m\u00eame que la confiance de sa population. Alors, pour faciliter la m\u00e9diation, la sph\u00e8re politique fait appel aux artistes en vue, en particulier pendant les p\u00e9riodes d\u2019\u00e9lections. Celle du pr\u00e9sident Hussein Ali Mwinyi en 2020 par exemple qui, pour s\u2019attirer les votes de la jeunesse zanzibarie, invitait Brain Boy \u00e0 se produire avec son groupe pendant sa campagne. \u00ab <em>R\u00e9cemment encore, nous avons jou\u00e9 pour l\u2019inauguration du nouvel h\u00f4pital de Stone Town<\/em> \u00bb ajoute ce dernier.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est cool et je joue le jeu, car mon pr\u00e9sident fait de bonnes choses pour Zanzibar. Mais je dois avouer que je suis aussi extr\u00eamement prudent. D\u2019abord parce qu\u2019ici, les gens sont d\u00e9go\u00fbt\u00e9s de la politique et moi c\u2019est pareil je n\u2019aime pas \u00e7a. Trop de comp\u00e9tition, trop de d\u00e9ceptions. Et puis si tes fans te voient soutenir le \u00ab mauvais \u00bb parti, ils ont vite fait de te l\u00e2cher quand le vent tourne ou de penser que tu es un opportuniste, un politicien plut\u00f4t qu\u2019un bon musicien.<\/em> \u00bb\u00a0Alors Brain Boy chante l\u2019amour, l\u2019\u00e9pine dorsale po\u00e9tique du taarab traditionnel dont la <em>lugha ya majazi<\/em>, la langue imag\u00e9e, permet aussi de crypter la critique, sociale ou politique. L\u2019ann\u00e9e prochaine, Brain Boy sortira un premier album dans lequel il dit vouloir d\u00e9border la question romantique pour parler des \u00ab <em>probl\u00e8mes<\/em> \u00bb de son pays. Notamment des \u00ab <em>beach boys<\/em> \u00bb, ces jeunes hommes qui <em>\u00ab au lieu de croire en eux<\/em> \u00bb arpentent les plages de l\u2019archipel pour vendre des bricoles, des excursions et le plus souvent du love \u00e0 de jeunes touristes occidentales \u2014 lesquelles, une fois sous le charme, les aident \u00e0 am\u00e9liorer leur train de vie ou \u00e0 lancer un business. Le sens des affaires, Brain Boy l\u2019a aussi ceci dit. Avant d\u2019aller faire des photos, le chanteur ouvre Cubase sur l\u2019ordinateur du studio : en avant-premi\u00e8re, son prochain tube\u2026 afrobeats. A\u00efe ! La tentation. Mais tout le monde y c\u00e8de, m\u00eame les tuk-tuks de Stone Town, qui diffusent les derniers hits en boucle sur des enceintes accident\u00e9es par les cahots de la route.<\/p>\n<p>Conqu\u00e9rant, look\u00e9 athl\u00e8te, Brain Boy voit loin, au-del\u00e0 de Sauti Za Busara d\u00e9j\u00e0. En ligne de mire : les Zanzibar International Music Awards, un concours organis\u00e9 par l\u2019Emerson\u2019s Zanzibar Foundation, pendant philanthropique d\u2019une cha\u00eene d\u2019h\u00f4tels qui compte deux \u00e9tablissements et plusieurs restaurants rien qu\u2019\u00e0 Stone Town.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image alignwide size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"568\" src=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355-1010x568.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-129397\" srcset=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355-1010x568.jpg 1010w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355-759x427.jpg 759w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355-2048x1152.jpg 2048w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355-1440x810.jpg 1440w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355-661x372.jpg 661w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355-465x261.jpg 465w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355-375x211.jpg 375w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01355.jpg 4240w\" sizes=\"auto, (min-width:1010px) 759px,100vw\" loading=\"lazy\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">DHOW Countries Music Academy \u00a9\u00a0Abdul Jafary<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>The DHOW must go on\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab <em>Si vous allez \u00e9couter du taarab dans un h\u00f4tel \u00e0 Zanzibar, vous pourrez demander \u00e0 n\u2019importe quel musicien o\u00f9 il a \u00e9tudi\u00e9, il vous r\u00e9pondra : \u00e0 la DCMA<\/em> \u00bb lance fi\u00e8rement Halda Alkanaan, la directrice de la seule \u00e9cole de musique de l\u2019archipel. \u00c0 quelques minutes \u00e0 pied du c\u0153ur bouillant de Stone Town, la Dhow Countries Music Academy promet un havre de paix prot\u00e9g\u00e9 du trafic de Vuga Road par une foule de tamariniers piquet\u00e9s d\u2019oiseaux. C\u2019est calme. Des chats maigres siestent sous les roues de scooters d\u00e9catis. Par les fen\u00eatres et les portes toujours ouvertes du vieux b\u00e2timent blanc s\u2019envolent des colliers de m\u00e9lodies jou\u00e9es au violon et le ch\u0153ur dissonant d\u2019instruments qu\u2019on accorde. \u00c0 l\u2019entr\u00e9e, il faut signer le registre des visiteurs et ce soir, ils seront nombreux pour assister au concert du Culture Musical Club, pilier historique du taarab fond\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 50 et programm\u00e9 chaque ann\u00e9e en ouverture du festival Sauti Za Busara.<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, des grappes d\u2019\u00e9l\u00e8ves pratiquent leur instrument dans les couloirs avant leur prochain cours, comme Frank, 25 ans, qui fait ses gammes sur son violon. Frank est tanzanien, il vient du continent et comme lui, nombreux sont les \u00e9tudiants \u00e0 venir de loin pour \u00e9tudier tout sp\u00e9cialement \u00e0 la DCMA. Fond\u00e9e en 2001, l\u2019\u00e9cole est en r\u00e9alit\u00e9 une ONG financ\u00e9e essentiellement par des m\u00e9c\u00e8nes tels que les Ambassades de France et d\u2019Allemagne en Tanzanie, le Rotary Club de Zanzibar et deux soci\u00e9t\u00e9s de t\u00e9l\u00e9communication locales. Halda Alkanaan est la premi\u00e8re personne originaire de Zanzibar \u00e0 diriger la DCMA. Avant elle, ce sont des \u00e9trangers, des Europ\u00e9ens surtout, qui ont occup\u00e9 le poste. \u00ab <em>En ce moment, nous avons trente \u00e9tudiants, le plus jeune a sept ans et la plupart d\u00e9pendent de bourses. Mais nous devons nous battre pour continuer \u00e0 exister car nous souffrons de graves difficult\u00e9s financi\u00e8res \u00bb <\/em>objecte-t-elle, front inquiet. \u00ab <em>Le gouvernement ne nous soutient pas. Pourtant, l\u2019impact de l\u2019acad\u00e9mie est \u00e9norme ici \u00e0 Zanzibar et au-del\u00e0. Nous sommes les seuls \u00e0 travailler \u00e0 la pr\u00e9servation, la transmission et la promotion des musiques traditionnelles de la r\u00e9gion\u2026 B\u00e9ni, ngoma, kidumbak, taarab : tout s\u2019apprend chez nous ! Nous sommes aussi les seuls \u00e0 \u0153uvrer \u00e0 la notation du r\u00e9pertoire taarab sur partitions : gr\u00e2ce \u00e0 nous, n\u2019importe quel musicien capable de lire une partition peut jouer du taarab. Sans parler du nombre de jeunes qui parviennent \u00e0 gagner leur vie gr\u00e2ce \u00e0 la musique. \u00bb <\/em>Avec un taux de ch\u00f4mage des jeunes qui d\u00e9passe les 13% en Tanzanie et les 17% \u00e0 Zanzibar (chiffres OIT, 2014), la DCMA a de quoi faire et motive ses troupes avec ce mantra affich\u00e9 dans chaque salle de classe : <em>\u00ab music for education, music for employment, music for joyment<\/em> \u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire la musique pour l\u2019\u00e9ducation, l\u2019emploi, la joie).\u00a0<\/p>\n<p>Au quotidien, Halda Alkanaan peut compter sur une petite \u00e9quipe de professeurs passionn\u00e9s qui, pour la plupart, ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la DCMA. C\u2019est le cas de Tryphon Evarist, trentenaire \u00e0 l\u2019incurable chapeau melon qui enseigne aujourd\u2019hui l\u2019accord\u00e9on, la th\u00e9orie musicale, ainsi que les rudiments du qan\u00fbn et de la clarinette. Certains mois, ses coll\u00e8gues et lui ne touchent pas de salaire mais il en faut plus pour d\u00e9tourner de son sacerdoce ce p\u00e9dagogue hyperactif. <em> \u00ab Le plus grand d\u00e9fi que le taarab devra relever dans les prochaines ann\u00e9es, c\u2019est le manque de nouveaux compositeurs \u00bb <\/em>analyse le musicien qui vient de sortir \u00ab Nitakuoa<em> \u00bb (Je t\u2019\u00e9pouserai)<\/em>, un titre en swahili compos\u00e9 selon les canons du taarab traditionnel. <em>\u00ab Si personne ne renouvelle son r\u00e9pertoire, le taarab va s\u2019appauvrir, se scl\u00e9roser. Sans la DCMA, le taarab serait en danger en mort mais tant qu\u2019elle est l\u00e0, je nourris l\u2019espoir qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re les compositeurs de demain.<\/em> \u00bb Quant \u00e0 ceux d\u2019hier, leur histoire se raconte sur les murs de l\u2019\u00e9cole qui prend soin d\u2019entretenir la m\u00e9moire du taarab.<\/p>\n<p>Le taarab est introduit \u00e0 Zanzibar par le peuple omanais qui r\u00e9git l\u2019archipel jusqu\u2019\u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle. Luxe et volupt\u00e9, le sultan Sayyid Barghach trouve beaucoup de joie dans le divertissement et a coutume d\u2019inviter des musiciens \u00e9gyptiens chez lui, dans son palais sur le front de mer pr\u00e8s du Vieux Fort. Parce qu\u2019il n\u2019est jamais rassasi\u00e9 de leurs m\u00e9lismes raffin\u00e9s et savants, le sultan envoie un de ses hommes, Mohammed Ibrahim, \u00e9tudier au Caire afin qu\u2019il se perfectionne dans l\u2019art du violon et des percussions. \u00c0 son retour, un petit groupe voit le jour et d\u00e8s lors, des happy few se pressent \u00e0 la cour du sultan pour \u00e9couter les m\u00e9lop\u00e9es d\u2019amour du taarab qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, se chante et s\u2019enseigne exclusivement en arabe et entre hommes, restant donc peu accessible au commun de la population locale. Avec la fin du sultanat d\u2019Oman \u00e0 Zanzibar en 1890 et l\u2019assise du protectorat britannique, des choses changent. D\u2019abord, le taarab quitte les salons du palais pour ceux, plus populaires, de la ville o\u00f9 se produit d\u00e8s 1905 le premier groupe de taarab zanzibari, l\u2019Ikhwani Safaa Musical Club, qui existe encore aujourd\u2019hui. Mais c\u2019est au f\u00e9minin que s\u2019\u00e9crit surtout la grande r\u00e9volution du taarab \u00e0 Zanzibar et sa pionni\u00e8re frondeuse s\u2019appelle Siti Binti Saad. \u00ab <em>Siti Binti Saad a chang\u00e9 le cours de l\u2019histoire, sa contribution est \u00e9norme pour le taarab<\/em> \u00bb rappelle le professeur Tryphon, en d\u00e9signant le portrait de \u00ab\u00a0<em>la m\u00e8re du taarab<\/em> \u00bb qui veille \u00e0 l\u2019encre bleue sur la petite cour de l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p><strong>La mater du taarab<\/strong><\/p>\n<p>Ic\u00f4ne absolue pour avoir \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 oser transgresser l\u2019interdit fait aux femmes de chanter du taarab, Siti Binti Saad est aussi la premi\u00e8re artiste du genre \u00e0 enregistrer son r\u00e9pertoire, \u00e0 Bombay, en Inde, en 1928, dans les studios de la British Gramophone Company \u2014 \u00e0 la demande expresse de la maison de disques. Tr\u00e8s populaire en Afrique de l\u2019Est o\u00f9 elle tourne d\u00e9j\u00e0 avec un orchestre, Siti Binti Saad grave en quelques mois pr\u00e8s de deux cents titres : les ventes sont au rendez-vous et m\u00eame la diva \u00e9gyptienne Oum Kalthoum fait le d\u00e9placement \u00e0 Bombay pour la rencontrer ! Un succ\u00e8s loin d\u2019\u00eatre \u00e9vident pour Siti Binti Saad n\u00e9e Mtumwa, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab <em>la servante<\/em> \u00bb, de parents esclaves dans les plantations d\u2019\u00e9pices en 1880 dans le village de Fumba. Mais la jeune femme refuse son destin encha\u00een\u00e9 \u00e0 la mis\u00e8re et adopte la particule \u00ab siti \u00bb qui fait d\u2019elle une lady. Gr\u00e2ce \u00e0 sa voix et \u00e0 son esprit libre, la chanteuse s\u2019invite d\u00e8s 1920 dans les fines soir\u00e9es de l\u2019\u00e9lite zanzibarie \u00e0 Stone Town. Port\u00e9e par un d\u00e9sir d\u2019\u00e9mancipation des dominations coloniales, musicales y compris, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle engage petit \u00e0 petit l\u2019africanisation du taarab en chantant en swahili et en incorporant des rythmiques locales au pupitre des percussions. En somme, elle ancre le genre.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\">\n<p>\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Sitti Binti Saad - Njia Ungurusumbwe Pts 1 &amp; 2\" width=\"840\" height=\"473\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/iZ2hG-Qn3_o?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/p>\n<\/figure>\n<p>Dans ses chansons, Siti Binti Saad use d\u2019une po\u00e9sie tress\u00e9e de r\u00e9alisme, d\u2019humour et d\u2019improvisation pour critiquer la pr\u00e9sence britannique, la corruption des institutions, les conditions de vie de travailleurs, le manque d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation pour les femmes. Et quand elle chante l\u2019amour et la vie quotidienne, Siti Binti Saad d\u00e9nonce aussi les abus du patriarcat, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 se moquer des performances des hommes sous les draps. <em>\u00ab Le taarab a toujours une fonction critique \u00e0 Zanzibar aujourd\u2019hui, il agit comme une sorte de r\u00e9gulateur social \u00bb <\/em>explique encore le professeur Tryphon. <em>\u00ab En chansons, le taarab permet de r\u00e9gler ses comptes avec un voisin, faire une d\u00e9claration d\u2019amour ou d\u00e9peindre les difficult\u00e9s de la vie quotidienne tout en respectant le cadre des conventions sociales. Il aide \u00e0 pacifier les liens dans une communaut\u00e9 en d\u00e9samor\u00e7ant les choses avec humour. N\u00e9anmoins, il faut bien constater un appauvrissement de la langue po\u00e9tique du taarab : r\u00e9sultat, la critique \u00e9tant moins bien formul\u00e9e, elle est aussi moins constructive qu\u2019avant.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Critique, Siti Binti Saad l\u2019est au point d\u2019exposer sa col\u00e8re contre l\u2019injustice coloniale dans \u00ab <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=-JSehvMPytw\">Kijiti<\/a> \u00bb, un chanson des ann\u00e9es 20 qui raconte la relaxe du violeur et assassin d\u2019une jeune fille \u00e0 Zanzibar \u2014 alors que celles qui ont d\u00e9nonc\u00e9 son crime sont incarc\u00e9r\u00e9es. F\u00e9ministe, anticolonialiste, la mater du taarab a transmis son r\u00e9pertoire et son \u00e2me rebelle \u00e0 sa prot\u00e9g\u00e9e Bi Kidude qui, apr\u00e8s elle, vivra aussi en insoumise. Lorsqu\u2019elle s\u2019\u00e9teint en 1950, Siti Binti Saad laisse en fait une loupiote allum\u00e9e pour les suivantes. \u00ab <em>De plus en plus de filles viennent \u00e9tudier la musique chez nous, elles sont neuf cette ann\u00e9e \u00bb <\/em>se r\u00e9jouit Halda Alkanaan. Parmi elles, Thureiya, 24 ans, chewing-gum, jeans, talons, voile, lunettes de soleil pos\u00e9es dessus. \u00c0 la DCMA, la jeune femme \u00e9tudie le chant taarab contre l\u2019avis de sa famille. <em>\u00ab C\u2019est difficile de faire de la musique et de se construire en tant qu\u2019artiste quand vos proches jugent que pour une femme, ce n\u2019est pas acceptable, pas moral \u00bb <\/em>regrette-t-elle. <em>\u00ab Mais des femmes comme Siti Binti Saad et Bi Kidude nous ont prouv\u00e9 que le taarab est un puissant vecteur d\u2019\u00e9mancipation et moi j\u2019aime trop \u00e7a ! Donc j\u2019avance en conqu\u00e9rante et je travaille toujours plus car la magie du taarab, c\u2019est qu\u2019il accepte toutes les voix. \u00bb<\/em><\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"568\" src=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604-1010x568.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-129408\" srcset=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604-1010x568.jpg 1010w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604-759x427.jpg 759w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604-2048x1152.jpg 2048w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604-1440x810.jpg 1440w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604-661x372.jpg 661w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604-465x261.jpg 465w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604-375x211.jpg 375w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DSC01604.jpg 4240w\" sizes=\"auto, (min-width:1010px) 759px,100vw\" loading=\"lazy\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Siti Amina \u00a9\u00a0Abdul Jafary<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Pol\u00e9 Pol\u00e9 : doucement mais s\u00fbrement<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab La soci\u00e9t\u00e9 zanzibarie s\u2019est construite sur l\u2019immigration : le m\u00e9tissage, l\u2019hybridit\u00e9, sont donc des piliers de notre identit\u00e9<\/em> \u00bb pose Siti Amina, au lendemain de son live sur la grande sc\u00e8ne du festival Sauti Za Busara, qui invite chaque ann\u00e9e son public de privil\u00e9gi\u00e9s \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer la diversit\u00e9 des musiques d\u2019Afrique \u00e0 grands renforts de fusions originales et de t\u00eates d\u2019affiches f\u00e9d\u00e9ratrices. Au programme de cette 21e \u00e9dition : Zo\u00eb Modiga, Mad\u00e9 Kuti, le jazz spirituel du collectif sud-africain The Brother Moves On, les harangues \u00e0 la James Brown du harpiste ougandais Aliddeki Brian, le rnb \u00e9th\u00e9r\u00e9 de la r\u00e9unionnaise Sibu Mana\u00ef, le duo est-ouest Afropentatonism entre gammes \u00e9thiopiennes et blues du d\u00e9sert, la star du singeli tanzanien Sholo Mwamba ou encore le reggae massa\u00ef des Warriors From The East.<\/p>\n<p>\u00c0 deux pas de l\u2019enceinte du Vieux Fort o\u00f9 ont lieu la plupart des concerts, l\u2019Hifadhi Zanzibar Majestic Theatre flotte hors du temps. Dans son patio ray\u00e9 de mosa\u00efques ouvrag\u00e9es, le gardien du temple joue au violon un classique du maq\u00e2m arabo-andalou tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des femmes font frire des mandazi, des beignets \u00e0 la cardamome, sous les branches d\u2019un vieil oranger que berce une brise marine. <em>\u00ab Hifadhi signifie pr\u00e9server en swahili \u00bb <\/em>explique Siti Amina en ajustant le foulard blanc qui encadre son visage. <em>\u00ab J\u2019ai choisi ce lieu car il s\u2019agit de l\u2019un des derniers spots de musique live \u00e0 Stone Town et l\u2019un des rares b\u00e2timents historiques de la ville \u00e0 ne pas encore avoir \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en h\u00f4tel depuis la mise en tourisme de l\u2019archipel \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80. J\u2019aime venir ici, c\u2019est paisible, je m\u2019y sens bien.<\/em> \u00bb Hifadhi, une oasis \u00e0 l\u2019\u00e9cart du tumulte et des sollicitations, nombreuses pour la pr\u00e9sidente de l\u2019association Live Music in Zanzibar, membre de la Central Art Federation of Zanzibar, ambassadrice du tourisme, et d\u00e9fenseuse des droits des femmes aupr\u00e8s de diverses associations. Elle est aussi professeure de chant, et leadeuse du groupe Siti &amp; The Band, form\u00e9 \u00e0 la fin de ses \u00e9tudes \u00e0 la DCMA en 2015.<\/p>\n<p>Avec <em>Fusing The Roots<\/em>, un premier album sorti en 2018, Siti &amp; The Band pr\u00e9sente en huit titres un taarab aux fondations traditionnelles enrichi d\u2019\u00e9clats jazz, de grooves funk ou reggae, dans un geste de r\u00e9novation par la fusion d\u2019un genre qui \u00ab <em>s\u2019il est vivant, doit forc\u00e9ment \u00e9voluer<\/em> \u00bb selon la chanteuse. <em>\u00ab \u00c0 Zanzibar, nous d\u00e9pendons du tourisme aujourd\u2019hui et c\u2019est complexe pour les artistes qui jouent du taarab. Les touristes veulent \u00eatre divertis et s\u2019amuser sur des rythmes dansants mais en m\u00eame temps, ils sont en qu\u00eate d\u2019authenticit\u00e9, d\u2019une forme de puret\u00e9 traditionnelle <\/em>\u2014 <em>fantasm\u00e9e bien s\u00fbr. Dans les h\u00f4tels, les musiciens sont parfois oblig\u00e9s de jouer des reprises fa\u00e7on taarab pour satisfaire les clients, du C\u00e9line Dion ou que sais-je ! Avec Siti &amp; The Band, nous t\u00e2chons d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre, de trouver le bon dosage pour exister au pr\u00e9sent sans compromettre notre h\u00e9ritage. De la m\u00eame mani\u00e8re que Bi Kidude a repris en son temps des morceaux de Siti Binti Saad, \u00e0 notre tour nous reprenons des chansons de Bi Kidude pour les propulser vers de nouveaux lendemains. \u00bb <\/em>V\u00e9n\u00e9rable Bi Kidude, \u00ab la petite chose \u00bb en swahili, qui depuis sa mort en 2013, \u00e0 plus de cent-deux ans, demeure la voix la plus connue de l\u2019archipel.<\/p>\n<p>C\u2019est en fuyant la mis\u00e8re et un mariage forc\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019adolescence Bi Kidude rencontre Siti Binti Saad, qui la prend sous son aile pour lui transmettre sa science du taarab. \u00c0 son tour, Bi Kidude innove, troquant le voile de son a\u00een\u00e9e contre des clopes qu\u2019elle grille sur sc\u00e8ne entre deux tours de chant. Gouailleuse inv\u00e9t\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019humour cru \u00e0 la voix rauque, Bi Kidude revendique son go\u00fbt pour le Konyaki, la f\u00eate, la libert\u00e9 \u2014 la l\u00e9gende raconte que l\u2019une de ses premi\u00e8res mutineries fut de s\u2019enfuir \u00e0 dix ans de l\u2019\u00e9cole coranique. Si la musicienne sait se soigner, elle s\u2019occupe des autres aussi : gu\u00e9risseuse sp\u00e9cialiste des plantes, Bi Kidude est par ailleurs tr\u00e8s demand\u00e9e pour sa ma\u00eetrise du msondo, un chant rituel d\u2019initiation pour les jeunes filles dont la c\u00e9r\u00e9monie et les danses unyago marquent le passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s des d\u00e9buts aux c\u00f4t\u00e9s de Siti Binti Saad dont elle prolonge et augmente le r\u00e9pertoire, Bi Kidude tourne dans le monde entier avec divers orchestres, le Culture Musical Club ou les Twinkling Stars qui l\u2019accompagnent lors d\u2019un concert d\u2019anthologie au Th\u00e9\u00e2tre de la Ville \u00e0 Paris en octobre 1990. La r\u00e9putation internationale de la reine du taarab est telle qu\u2019elle attire du monde dans l\u2019archipel, notamment Andy Jones qui lui consacre, en 2006, le documentaire <em>As Old As My Tongue: The Myth and Life of Bi Kidude<\/em>. \u00c0 Ng\u2019ambo o\u00f9 elle r\u00e9side dans une case de parpaings, le documentariste britannique filme alors une dame rid\u00e9e comme une vieille pomme qui lorsqu\u2019elle chante s\u2019anime d\u2019une \u00e9nergie de lionne.<\/p>\n<p>Comme Siti Binti Saad et Bi Kidude avant elle, Siti Amina d\u00e9serte mariage et violences conjugales pour se consacrer \u00e0 la musique. Et, comme elles, Siti Amina chante les femmes \u00ab <em>car il faut dire la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est le silence qui nous tue<\/em>. \u00bb \u00c0 ces mots, elle saisit son oud et commence \u00e0 jouer une fois pass\u00e9 l\u2019appel de <em>salat asr<\/em>, la pri\u00e8re de l\u2019apr\u00e8s-midi, qui d\u00e9pose sa rumeur c\u00e9leste sur les murs d\u2019Hifadhi. Pendant trois minutes, l\u2019acoustique des lieux sublime son interpr\u00e9tation nue d\u2019<em> \u00ab<\/em> Uchungu wa mwana \u00bb, un titre de Siti Binti Saad qui traite du d\u00e9fi gigantesque de la maternit\u00e9 repris, pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle plus tard, en version uptempo par Siti &amp; The Band en featuring avec G Nako, une star de l\u2019afrobeats suivie par des millions de jeunes tanzaniens.\u00a0<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"758\" src=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header-1010x758.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-128016\" srcset=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header-1010x758.jpg 1010w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header-759x569.jpg 759w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header-2048x1536.jpg 2048w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header-1440x1080.jpg 1440w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header-661x496.jpg 661w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header-465x349.jpg 465w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header-375x281.jpg 375w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/bi-kidude-header.jpg 2240w\" sizes=\"auto, (min-width:1010px) 759px,100vw\" loading=\"lazy\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Bi Kidude \u00a9\u00a0Droits r\u00e9serv\u00e9s<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab Siti Binti Saad et Bi Kidude sont \u00e9videmment de grandes inspirations pour moi. Comme elles, j\u2019ai d\u00fb me battre pour \u00eatre libre et que la soci\u00e9t\u00e9 m\u2019accepte en tant que musicienne. Voil\u00e0 pourquoi j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 enseigner : la musique a chang\u00e9 ma vie, elle m\u2019a lib\u00e9r\u00e9, alors c\u2019est \u00e0 mon tour de transmettre aujourd\u2019hui. De toute mani\u00e8re, il y a trop peu de musiciennes professionnelles \u00e0 Zanzibar. \u00c0 ma mesure, je t\u00e2che d\u2019y rem\u00e9dier, en encourageant un maximum de femmes \u00e0 se lancer. C\u2019est formidable que le taarab existe encore dans une soci\u00e9t\u00e9 comme la n\u00f4tre et pour les femmes d\u2019ici, il offre un espace d\u2019expression sans pareil. Car de nos jours, les chanteurs sont des chanteuses la plupart du temps. Traditionnellement, dans les concerts de taarab, les femmes s\u2019assoient \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, cach\u00e9es derri\u00e8re les musiciens et quand c\u2019est le moment, elles se l\u00e8vent et passent devant pour chanter. C\u2019est vraiment une chance pour les femmes de Zanzibar, elles peuvent s\u2019emparer de l\u2019espace et s\u2019exprimer \u00e0 voix haute, \u00e7a, c\u2019est tr\u00e8s bien. Mais aujourd\u2019hui, la DCMA forme aussi de plus en plus de femmes aux instruments du taarab. Cela leur permet d\u2019\u00eatre sur le devant de la sc\u00e8ne pendant tout un concert et de pouvoir prouver leur virtuosit\u00e9 au oud, au qan\u00fbn, au violon, aux percussions : c\u2019est l\u00e0 aussi que se joue l\u2019\u00e9galit\u00e9. <br \/>Les choses progressent pol\u00e9 pol\u00e9, doucement mais s\u00fbrement, il y a plus en plus de femmes instrumentistes et c\u2019est g\u00e9nial. Cependant, la majorit\u00e9 des arrangeurs, compositeurs et paroliers reste des hommes, donc j\u2019esp\u00e8re qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir, le taarab pourra compter sur une nouvelle garde de compositrices<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p><strong>La th\u00e9orie du baggy<\/strong><\/p>\n<p>Time\u2019s up ! Siti Amina range son oud dans son \u00e9tui, attrape un large panier qu\u2019elle jette sur son \u00e9paule et franchit sans tra\u00eener l\u2019imposante porte sculpt\u00e9e du vieil \u00e9difice. Elle a rendez-vous avec la chanteuse Si\u00e2n Pottok, qui joue aussi du kamele n\u2019goni : les deux musiciennes travaillent actuellement \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un r\u00e9pertoire original pour la prochaine \u00e9dition du festival fran\u00e7ais Africolor.<\/p>\n<p>Parce que l\u2019union fait la force, \u00e0 Zanzibar, d\u2019autres s\u0153urs n\u2019attendent rien ni personne pour prendre leur destin en main, en cr\u00e9ant notamment des ensembles de taarab exclusivement f\u00e9minins. En 2020, la violoniste et compositrice Rahmah Ameyr r\u00e9unit onze femmes pour fonder l\u2019orchestre Uwaridi Female Band dans les pas des Tausi Women\u2019s Taarab, seize musiciennes qui ont m\u00eame eu l\u2019honneur d\u2019accompagner de son vivant Bi Kidude. Dans sa lign\u00e9e, leur leadeuse Maryam Hamdani \u00e9crit des textes critiques qui d\u00e9noncent le puritanisme des imams et conduit le groupe, depuis sa formation en 2009, \u00e0 se produire dans les villages isol\u00e9s de l\u2019archipel pour sensibiliser les jeunes filles aux luttes f\u00e9ministes. Chez les solistes, la chanteuse Siti Muharam r\u00e9active avec brio l\u2019h\u00e9ritage pionnier de Siti Binti Saad, son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re, allant jusqu\u2019\u00e0 remporter un Songlines Award en 2020 pour son premier album, <em>Siti of Unguja (Romance Revolution On Zanzibar)<\/em>. Connue \u00e0 Zanzibar comme \u00ab\u00a0la DJ au hijab \u00bb, Aisha Bakary explore enfin le potentiel de transe des grandes voix du taarab en remixant, depuis 2016, des classiques sur ses platines. Port\u00e9 par une arm\u00e9e de guerri\u00e8res, au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 zanzibarie, le taarab insulaire semble avoir de beaux jours devant lui.<\/p>\n<p>Avant de quitter l\u2019archipel s\u2019impose un dernier crochet par la Dhow Countries Music Academy qui accueille, tout l\u2019apr\u00e8s-midi, un atelier de pratique vocale men\u00e9 par la mezzo-soprano allemande Anne Buter. Appliqu\u00e9, en cercle, le futur du taarab travaille autant qu\u2019il peut et surtout tant qu\u2019il le peut encore : d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, l\u2019\u00e9cole vient de lancer une cagnotte en ligne afin de r\u00e9colter des dons pour s\u2019assurer un avenir, faute de soutien du gouvernement local comme de l\u2019\u00c9tat tanzanien \u2014 dirig\u00e9 par la zanzibarie Samia Suluhu Hassan, pr\u00e9sidente depuis la mort de John Magufuli en 2021. <em>\u00ab \u00c0 Zanzibar comme dans le reste de l\u2019Afrique, les politiciens se servent de nous chaque jour pour servir leurs int\u00e9r\u00eats, soigner leur image et animer leurs \u00e9v\u00e9nements politiques, ils ne peuvent rien faire sans les artistes. Alors pourquoi n\u2019investissent-ils pas plus dans la musique ?<\/em> \u00bb demande Siti Amina, r\u00e9pondant sans s\u2019interrompre \u00e0 sa question rh\u00e9torique. \u00ab <em>Moi je pense que ceux qui nous gouvernent connaissent le pouvoir de la musique et de l\u2019art. Pour l\u2019\u00e9veil des consciences, ce sont des armes tr\u00e8s puissantes et \u00e7a, \u00e7a leur fait peur. Et puis, si le taarab est en danger, c\u2019est aussi parce qu\u2019au final, les touristes semblent y \u00eatre plus attach\u00e9s que les gens d\u2019ici qui ne pensent, quitte \u00e0 s\u2019y perdre, qu\u2019\u00e0 copier le reste du monde.<\/em> \u00bb<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"568\" src=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DHOW-Countries-Music-Academy-Zanzibar--1010x568.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-129435\" srcset=\"https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DHOW-Countries-Music-Academy-Zanzibar--1010x568.jpg 1010w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DHOW-Countries-Music-Academy-Zanzibar--759x427.jpg 759w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DHOW-Countries-Music-Academy-Zanzibar--1440x810.jpg 1440w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DHOW-Countries-Music-Academy-Zanzibar--661x372.jpg 661w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DHOW-Countries-Music-Academy-Zanzibar--465x262.jpg 465w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DHOW-Countries-Music-Academy-Zanzibar--375x211.jpg 375w, https:\/\/pan-african-music.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/DHOW-Countries-Music-Academy-Zanzibar-.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (min-width:1010px) 759px,100vw\" loading=\"lazy\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">DHOW Countries Music Academy \u00a9\u00a0Abdul Jafary<\/figcaption><\/figure>\n<p>Face \u00e0 la d\u00e9ferlante afrobeats et \u00e0 une sc\u00e8ne singeli si dynamique en Tanzanie qu\u2019elle r\u00e9unissait, d\u00e9but f\u00e9vrier, plusieurs milliers de personnes \u00e0 Dar-es-Salaam pour l\u2019ambitieuse convention internationale <em>Singeli 2 The World<\/em>, le lyrisme ancestral du taarab supportera-t-il la concurrence dans le c\u0153ur de la jeunesse zanzibarie ? Pour Thureiya, hakuna matata, tout ira bien. \u00ab <em>\u00c0 mon avis, ce n\u2019est qu\u2019une question de temps avant que les jeunes ne reviennent au taarab \u00bb <\/em>proph\u00e9tise l\u2019apprentie chanteuse.<em> \u00ab Certes, pour l\u2019heure, les gens de ma g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9f\u00e8rent \u00e9couter Diamond Platnumz et peu d\u2019entre eux savent qui est Siti Binti Saad. Mais les modes sont cycliques, m\u00eame le pantalon baggy est de nouveau tendance ! Alors qui sait ?<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Oui, qui sait ? Peut-\u00eatre que dans quelque temps, les m\u00eames qui \u00e9coutent aujourd\u2019hui du singeli non stop s\u2019apercevront qu\u2019il sample le taarab et reviendront boucler la boucle \u00e0 la source. Peut-\u00eatre que la DCMA sera sauv\u00e9e. Peut-\u00eatre que le gouvernement local finira par d\u00e9clarer que le taarab est aussi pr\u00e9cieux que la tanzanite, m\u00eame s\u2019il rapporte moins. Peut-\u00eatre m\u00eame que Brain Boy ira aux Grammys et Siti Amina \u00e0 l\u2019ONU. Qui sait ? Time will tell\u2026 Pour l\u2019instant, il est l\u2019heure de partir et un dernier regard vers Stone Town attrape comme un oracle une phrase du coin de l\u2019\u0153il sur la fa\u00e7ade du Freddie Mercury Museum. The show must go on !<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p><script type=\"4216b9ae3b76e14bb0e5b66e-text\/javascript\">\n!function(f,b,e,v,n,t,s){if(f.fbq)return;n=f.fbq=function(){n.callMethod?\nn.callMethod.apply(n,arguments):n.queue.push(arguments)};if(!f._fbq)f._fbq=n;\nn.push=n;n.loaded=!0;n.version='2.0';n.queue=[];t=b.createElement(e);t.async=!0;\nt.src=v;s=b.getElementsByTagName(e)[0];s.parentNode.insertBefore(t,s)}(window,\ndocument,'script','https:\/\/connect.facebook.net\/en_US\/fbevents.js?v=next');\n<\/script><script type=\"4216b9ae3b76e14bb0e5b66e-text\/javascript\">\n          !function(f,b,e,v,n,t,s)\n          {if(f.fbq)return;n=f.fbq=function(){n.callMethod?\n          n.callMethod.apply(n,arguments):n.queue.push(arguments)};\n          if(!f._fbq)f._fbq=n;n.push=n;n.loaded=!0;n.version='2.0';\n          n.queue=[];t=b.createElement(e);t.async=!0;\n          t.src=v;s=b.getElementsByTagName(e)[0];\n          s.parentNode.insertBefore(t,s)}(window, document,'script',\n          'https:\/\/connect.facebook.net\/en_US\/fbevents.js');\n          fbq('init', '304027956726511');\n          fbq('track', 'PageView');\n        <\/script><br \/>\n<br \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Karibu ! Bienvenue \u00e0 Zanzibar, ce petit archipel pos\u00e9 sous l\u2019\u00e9quateur exactement, dans l\u2019Oc\u00e9an Indien, \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de ferry de Dar-es-Salaam, la capitale \u00e9conomique de la Tanzanie. Lagons turquoises, sable blanc, tortues g\u00e9antes, poisson grill\u00e9, fragrances de musc dans l\u2019air du soir, flamboyants et noix de coco\u2026 Autant de clich\u00e9s dont raffolent [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":69591,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12025],"tags":[36728,25055,36729],"dealstore":[],"offerexpiration":[],"class_list":["post-69590","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-african-music","tag-carte","tag-dos","tag-postale"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.4 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>au dos de la carte postale - Som2ny Network<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"au dos de la carte postale - Som2ny Network\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Karibu ! Bienvenue \u00e0 Zanzibar, ce petit archipel pos\u00e9 sous l\u2019\u00e9quateur exactement, dans l\u2019Oc\u00e9an Indien, \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de ferry de Dar-es-Salaam, la capitale \u00e9conomique de la Tanzanie. Lagons turquoises, sable blanc, tortues g\u00e9antes, poisson grill\u00e9, fragrances de musc dans l\u2019air du soir, flamboyants et noix de coco\u2026 Autant de clich\u00e9s dont raffolent [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Som2ny Network\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2025-02-05T12:25:16+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1010\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"568\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"admin\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"admin\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"29 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590\"},\"author\":{\"name\":\"admin\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/person\/b85e3c3dc0e1daea076524dc8810c371\"},\"headline\":\"au dos de la carte postale\",\"datePublished\":\"2025-02-05T12:25:16+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590\"},\"wordCount\":5784,\"commentCount\":0,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg\",\"keywords\":[\"carte\",\"Dos\",\"postale\"],\"articleSection\":[\"African Music\"],\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590\",\"url\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590\",\"name\":\"au dos de la carte postale - Som2ny Network\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg\",\"datePublished\":\"2025-02-05T12:25:16+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg\",\"width\":1010,\"height\":568},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/fivemor.com\/?bp_activities=1\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"au dos de la carte postale\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#website\",\"url\":\"https:\/\/fivemor.com\/\",\"name\":\"Som2ny Network\",\"description\":\"Daily Deals\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/fivemor.com\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#organization\",\"name\":\"Som2ny Network\",\"url\":\"https:\/\/fivemor.com\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4a0953c4-logo-300x86-1.png\",\"contentUrl\":\"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4a0953c4-logo-300x86-1.png\",\"width\":300,\"height\":86,\"caption\":\"Som2ny Network\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/logo\/image\/\"}},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/person\/b85e3c3dc0e1daea076524dc8810c371\",\"name\":\"admin\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/729ae85bf62b9917e93538db2f2688ca?s=96&r=g&default=https%3A%2F%2Ffivemor.com%2Fwp-content%2Fplugins%2Fbuddypress-first-letter-avatar%2Fimages%2Fdefault%2F96%2Flatin_a.png\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/729ae85bf62b9917e93538db2f2688ca?s=96&r=g&default=https%3A%2F%2Ffivemor.com%2Fwp-content%2Fplugins%2Fbuddypress-first-letter-avatar%2Fimages%2Fdefault%2F96%2Flatin_a.png\",\"caption\":\"admin\"},\"sameAs\":[\"https:\/\/fivemor.com\"],\"url\":\"https:\/\/fivemor.com\/?author=1\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"au dos de la carte postale - Som2ny Network","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"au dos de la carte postale - Som2ny Network","og_description":"Karibu ! Bienvenue \u00e0 Zanzibar, ce petit archipel pos\u00e9 sous l\u2019\u00e9quateur exactement, dans l\u2019Oc\u00e9an Indien, \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de ferry de Dar-es-Salaam, la capitale \u00e9conomique de la Tanzanie. Lagons turquoises, sable blanc, tortues g\u00e9antes, poisson grill\u00e9, fragrances de musc dans l\u2019air du soir, flamboyants et noix de coco\u2026 Autant de clich\u00e9s dont raffolent [&hellip;]","og_url":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590","og_site_name":"Som2ny Network","article_published_time":"2025-02-05T12:25:16+00:00","og_image":[{"width":1010,"height":568,"url":"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"admin","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Written by":"admin","Est. reading time":"29 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590"},"author":{"name":"admin","@id":"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/person\/b85e3c3dc0e1daea076524dc8810c371"},"headline":"au dos de la carte postale","datePublished":"2025-02-05T12:25:16+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590"},"wordCount":5784,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg","keywords":["carte","Dos","postale"],"articleSection":["African Music"],"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590","url":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590","name":"au dos de la carte postale - Som2ny Network","isPartOf":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg","datePublished":"2025-02-05T12:25:16+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/fivemor.com\/?p=69590"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#primaryimage","url":"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg","contentUrl":"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/DSC01225-1010x568.jpg","width":1010,"height":568},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/fivemor.com\/?p=69590#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/fivemor.com\/?bp_activities=1"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"au dos de la carte postale"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/fivemor.com\/#website","url":"https:\/\/fivemor.com\/","name":"Som2ny Network","description":"Daily Deals","publisher":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/fivemor.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/fivemor.com\/#organization","name":"Som2ny Network","url":"https:\/\/fivemor.com\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4a0953c4-logo-300x86-1.png","contentUrl":"https:\/\/fivemor.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4a0953c4-logo-300x86-1.png","width":300,"height":86,"caption":"Som2ny Network"},"image":{"@id":"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/logo\/image\/"}},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/person\/b85e3c3dc0e1daea076524dc8810c371","name":"admin","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/fivemor.com\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/729ae85bf62b9917e93538db2f2688ca?s=96&r=g&default=https%3A%2F%2Ffivemor.com%2Fwp-content%2Fplugins%2Fbuddypress-first-letter-avatar%2Fimages%2Fdefault%2F96%2Flatin_a.png","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/729ae85bf62b9917e93538db2f2688ca?s=96&r=g&default=https%3A%2F%2Ffivemor.com%2Fwp-content%2Fplugins%2Fbuddypress-first-letter-avatar%2Fimages%2Fdefault%2F96%2Flatin_a.png","caption":"admin"},"sameAs":["https:\/\/fivemor.com"],"url":"https:\/\/fivemor.com\/?author=1"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/69590","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=69590"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/69590\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/69591"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=69590"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=69590"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=69590"},{"taxonomy":"dealstore","embeddable":true,"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fdealstore&post=69590"},{"taxonomy":"offerexpiration","embeddable":true,"href":"https:\/\/fivemor.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fofferexpiration&post=69590"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}